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Mardi 8 mai 2018 : 73ème anniversaire de la capitulation allemande du 8 mai 1945

Reims reddition3Ce 8 mai 1945 n’est pas la victoire d’un pays sur un autre. Ce n’est pas, non plus, la victoire d’une nation sur une autre. Ce 8 mai 1945 c’est la victoire de la lumière sur les ténèbres. Deux hommes incarnent à mes yeux cette victoire. Deux hommes libres, deux hommes épris d’une volonté puisée dans des valeurs communes : celles de la Liberté, de l’Egalité, de la Fraternité.

Chacun à la place qui est la sienne, entretenait la faible lumière d’un monde désespérément chancelant. Ces deux hommes sublimaient leur victoire et se trouvaient avec le calice d’amertume que seuls les plus grands savent dépasser. Pour Charles de Gaulle et Winston Churchill, car c’est d’eux dont je parle, seul l’honneur guidait leur pas.

Pour Charles de Gaulle et Winston Churchill, la lecture de L’Aiglon d’Edmond Rostand apaise leurs intimes sentiments sur cette victoire dont ils sont les ardents artisans.
- « Je ne veux rien voir que la victoire ? Ne me demandez pas : après ? Après ! Je veux rien voir que la nuit noire. Et le sommeil sous les cyprès ! »

3A5qyYeWnpnuuLLHtbAIBqAWvgM415x540Ce 8 mai 1945, les peuples sortis de la nuit, retrouvent les temps nouveaux. Ce 8 mai 1945, les peuples retrouvent aussi la médiocrité des basses machinations. Des peuples qui ajoutent à l’injuste regard celui de l’ingratitude. A l’heure de la victoire, le 5 juillet 1945, Winston Churchill sera battu aux élections législatives par ce peuple qui lui devait tant.

Un Winston Churchill lâchant ainsi :
- «le pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit chaque opportunité dansla difficulté. »

Quelques mois plus tard, en janvier 1946, c’est Charles de Gaulle qui démissionne en disant que :
- « l’on ne peut être à la fois l’homme des grandes tempêtes et des basses combinaisons. »

Les deux fauves n’étaient pas physiquement présents quand, le 8 mai 1945, leurs maréchaux et généraux recevaient la reddition des nazis. Au même moment, leurs ombres tutélaires à jamais réunies à Reims puis à Berlin, entraient dans l’Histoire. Des « sanglots d’orgueil » nés dans la défaite de 1940 ils avaient donné les armes de la volonté et la foi en une humanité délivrée des chaînes du totalitarisme. Il y va des gloires de recueillir comme seule couronne que l’ingratitude des peuples. Il y va tout autant des gloires que d’entretenir leur action dans la persévérance séculaire qui sait que victoire et défaite sont un incessant mouvement de balancier de l’Histoire.

En cet été 1945, sur les décombres de la guerre, la clairvoyance des deux hommes continua d’éclairer l’Europe en construction et le monde en quête de sens. Ce 8 mai 1945, la France éternelle se redressait pour affronter la Guerre Froide, la décolonisation et les Trente Glorieuses.

lamontagne 1945 05 08La place de la France retrouvée parmi les alliés vainqueurs, Charles de Gaulle écrivait :

- « Cette guerre et ma querelle se terminent dans l’honneur. »

Puis, l’homme du 18 juin 1940 concluait :

- «  J’ai épongé la défaite. »

La France qui, le 8 mai 1945, est à la table des vainqueurs par la seule volonté d’un homme. Une volonté lumineuse, née de la désobéissance admirable et justifiée. C’est ainsi, et seulement ainsi que, ce 8 mai 1945, les armées de la République bivouaquaient en Allemagne jusqu’au nid d’aigle d’Hitler. La France, depuis deux mille ans qu’elle existe, a toujours su trouver en elle-même la force de surmonter les pires épreuves. Ce même 8 mai 1945, Winston Churchill, le vieux lion, déclarait que cette victoire n’était pas celle d’un parti, d’une classe sociale ou d’une partie du pays, c’était la victoire de toute la grande nation britannique.
Face aux français Charles de Gaulle tenait le même discours. Les deux grands fauves qui incarnèrent la victoire se retrouvèrent dans la difficile construction européenne.

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En 1946, Winston Churchill déclarait : « Je vais vous dire une chose qui va vous étonner : la première étape de la reconstitution d’une famille de nations européennes doit être l’avènement d’une entente franco-allemande. C’est seulement ainsi que la France pourra exercer à nouveau son autorité morale sur l’Europe. Et l’Europe ne saurait se reconstituer sans le rayonnement spirituel de la France et de l’Allemagne »

On sait l’attachement de Charles de Gaulle à l’amitié Franco-allemande. Ce n’est pas sans raison que, en 1958, devenu le premier président de la Vème République, Charles de Gaulle recevait son allié britannique.
 Ce jour-là, Winston Churchill évoquant l’homme de Colombey disait : « Je me souviens lui avoir dit, lors des jours sombres de 1940 : ‘Voici le connétable de France’. C’est un titre qu’il a bien mérité depuis ! »

Charles de Gaulle et Winston Churchill, les deux géants de la Victoire de ce 8 mai 1945, dessinaient ensemble une nouvelle Europe. En ce 73ème anniversaire de la capitulation nazie, interrogeons-nous et oeuvrons pour cette Europe que nous appelons de nos vœux.

Une Europe que nous voulons démocratique, source de paix et de progrès.

delmon2017Vive Terrasson-Lavilledieu !
Vive la République !
Vive la France !