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11 novembre 2017 : 99 ème anniversaire de L’armistice de Rethondes

Pourquoi le 11 novembre est-il, encore de nos jours, une des grandes dates de l’Histoire de France, de notre Histoire ?
Tout d’abord parce que cette date marque la fin d’une effroyable boucherie qui touche toute les familles françaises. Ensuite, parce que ce 11 novembre est un fantastique et terrifiant tournant de l’histoire du monde et de l’humanité. C’est le premier conflit qui touche toute la planète et c’est une guerre où les économies ont connu des mutations qui marquent encore notre époque.

De cette Guerre va apparaître la lente disparition du monde rural, la dislocation de l’Europe, et un nouvel ordre mondial va affaiblir le Vieux continent.
Les Grands Empires centraux disparaissent et ceux issus de la colonisation vont inexorablement s’attacher à préparer les indépendances à venir.
Mais, ce 11 novembre, une seule chose compte : la fin de la guerre.

L'armistice, fut signé à 5 h 15, marquant la fin de la Première Guerre mondiale qui avait durait plus de quatre années. Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l'ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d'une guerre qui a fait plus de 18 millions de morts et des millions d'invalides ou de mutilés.

Immédiatement va s’installer un courant pacifiste entretenu par une classe politique qui mesure combien la France est meurtrie par ces quatre longues et épouvantables années de guerre.

Comme le dira en 1938 un certain Winston Churchill à l’issue du tragique accord de Munich :
— « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. »
Il en fut malheureusement ainsi.
La commémoration de ce 11 novembre, si elle honore les « Poilus », elle est aussi la célébration des plus hautes valeurs que portent les drapeaux de la République, de la France.
Ainsi, la commémoration républicaine au monument aux morts, le rituel et les symboles du drapeau, de la Marseillaise, des sonneries, du défilé sont une généreuse et ardente communion collective à l’histoire du plus humble d’entre ces femmes et ces hommes qui ont choisi le chemin de l’honneur.
Jadis, le traditionnel Banquet des anciens combattants de cette guerre que l’on définissait avec douleur et déférence, de Grande Guerre a toujours été un temps d’union afin que le sacrifice passé ne soit pas vain, et que les générations inscrivent leur destin dans ce chemin fait de sang et de larmes.
Ce 11 novembre a toujours été un temps de sursaut pour le peuple français.
C’est le 11 novembre 1922 que la liturgie de la commémoration de « la Victoire et de la Paix » est instituée et devient jour férié.
Le 11 novembre ne cessera plus, même aux heures les plus sombres de notre histoire, d’être un repère et un guide pour la France.

Le 11 novembre 1938, la République fait venir des anciens combattants de toute la France. La République veut, devant la montée des périls venus, une fois de plus, d’Allemagne, marquer et renforcer l’unité nationale.
Le 11 novembre 1940, pour la première fois depuis la défaite de l’été 40, les étudiants de Paris défient l’occupant nazi, et remontent les Champs-Elysées jusqu’à l’Arc de Triomphe pour atteindre la Tombe du soldat inconnu.
La répression est brutale. Des étudiants sont blessés et emprisonnés.
C’est le 11 novembre 1942 que le Chef de la France Libre prononce un de ses plus brillants discours qui indique le chemin à parcourir, celui de l’honneur, du rassemblement et de l’effort.
Le 11 novembre 1943, ce sont les maquis de l’Ain qui organise un défilé militaire à Oyonnax qui veulent célébrer l’événement et montrer aux allemands leur force et leur discipline.
Le 11 Novembre 1944, le général de Gaulle reçoit devant la Tombe du Soldat inconnu Winston Churchill.
L’Homme du 18 juin dira ce jour-là : « La France a le droit de regarder son ancienne victoire en face. »

Le 11 novembre 2012, on associe désormais à cette commémoration « tous les morts pour la France ». Aujourd’hui, alors que le centenaire s’annonce, cette commémoration honore le passé, salut le présent et définit le chemin futur.
Le présent, c’est la place de la France dans la lutte contre le terrorisme, l’abnégation qui anime ses forces armées sur les territoires les plus lointains et qui œuvrent à ce que les valeurs humanistes soient partagées. Le futur, c’est un monde de paix à partir duquel le progrès des nations s’épanouisse pour le plus grand bien de leur peuple.
N’oublions pas, en ce 11 novembre, que la paix se mérite et se gagne.
Alors que la France est régulièrement frappée par le terrorisme aveugle et fanatique, mesurons combien cette guerre – car c’est une guerre – ne peut se mener que dans l’union autour de nos valeurs et le respect de notre histoire.
Ayons une pensée pour nos militaires et les forces de police qui veillent sur nous et contribuent à notre paix Pensons à leur famille trop souvent dans la peine et l’angoisse.
Témoignons aussi notre attachement aux victimes des attentats, en France mais aussi dans le monde. Pensons là-encore à leur famille dans la douleur.
Pour ma part, je suis convaincu que nos « poilus » nous regardent et espèrent que nous soyons les dignes héritiers de leurs sacrifices.
Dans son discours écrit et parlé à la Chambre des députés, le 11 novembre 1918 Georges Clémenceau, Président du Conseil s’exprimait ainsi :
— « Honneur à nos grands morts. Grâce à eux, la France, hier soldat de dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, sera toujours soldat de l’idéal. »

Puisse que, dans les temps que nous affrontons, la France soit toujours le soldat de l’idéal.

Vive Terrasson-La-Villedieu !
Vive la République !
Vive la France !