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Les Jardins de l'Imaginaire

Jardins de l'Imaginaire Les Jardins de l'Imaginaire, site unique en France et en Europe, offrent de merveilleux voyages et une évocation historique de l'histoire des jardins de la période romaine à nos jours.

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Les échoppes du temps jadis

ECHOPPESLa ville ancienne accueille une quinzaine de créateurs et d'artisans dans un décor rétro, des échoppes qui sont encore un attrait supplémentaire unique, et constituent une étonnante animation autour des places et dans les rues.

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Deux villes en une

La ville moderne sur la rive droite de la Vézère, prend ses aises dans la plaine tandis que la ville ancienne, rive gauche, fièrement ancrée sur la colline veille sur elle. L'occupation humaine est attestée depuis les temps préhistoriques.

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L'éloge des fontaines

fontaines de Terrasson

Tout comme les cités antiques ou de la Renaissance, Terrasson possède de nombreuses fontaines apaisantes et rafraîchissantes auprès desquelles on vient lire ou bavarder. Elles entretiennent un bien-être, dévoilant des histoires merveilleuses et agrémentant délicieusement des lieux magiques.

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Les échoppes du temps jadis

ECHOPPESLa ville ancienne accueille une quinzaine de créateurs et d'artisans dans un décor rétro, des échoppes qui sont encore un attrait supplémentaire unique, et constituent une étonnante animation autour des places et dans les rues.

Il fallait à la sensuelle géographie et histoire de Terrasson ajouter un supplément d’âme qui ne soit pas une banale nostalgie mais rende hommage au caractère entreprenant d’une population à la fois fertile dans son imagination et ardente dans son action. De même, le renouveau de la ville ancienne, entre le cheminement que constitue la muraille de la falaise du Malpas et le prestigieux site des Jardins de l’Imaginaire, appelait que se réveille toute une vie jadis prospère et brillante.
Tout ceci ne pouvait pas échapper à Pierre Delmon qui cherchait à conforter l’élan d’une ville trop longtemps endormie et désertée. Ce décor merveilleux que constitue l’enchevêtrement de places, placettes, rues et ruelles ne pouvait se résumer à une simple restauration des élégantes bâtisses si bellse et raffinées soient celles-ci.

Créateurs, artisans et commerçants au soleil d'une douce France

Il fallait, là aussi, forcer l’histoire et le destin. L’enfant du pays, capitaine d’industrie visionnaire, devenu premier magistrat, multipliait les projets et les défis comme nous l’avons vu. Le bouillant esthète voulait que le cœur de sa ville, Terrasson, batte à l’unisson d’un passé qu’il dessinait prestigieux et d’un futur qu’il concevait tout autant.
Le XIXe est considéré comme l’âge d’or du  romantisme et des grandes mutations industrielles et sociales. C’est encore le temps où les identités régionales contrariées par une République centralisatrice s’émancipent. Si Frédéric Mistral, chantre de la culture provençale, est le flambeau tutélaire de ce véritable combat, le Périgord voit la création du « Bournat du Périgord » qui rassemble des intellectuels et artistes attachés à leur identité Périgourdine. C’est un temps où les curés prêchaient encore en patois, les affaires se faisaient en patois, la vie familiale se conjuguait en patois parce qu'écrit par des poètes, écrivains et chansonniers patoisants.
Comment oublier que, à quelques lieues de Terrasson, à Hautefort, naquit et grandit Eugène Le Roy, auteur du célèbre roman populaire Jacquou le croquant ? La prodigieuse diversité d’une ruralité en perdition, véritable temps perdu, est encore, à Terrasson, préservée dans des spécificités, des savoir-faire, des talents de création auxquels il fallait donner un espace à la fois mélodieux et doux.
Si il y a un véritable bonheur à vivre dans l’une des plus belles et des plus douces terres de France, si le visiteur, le voyageur, est guidé par les écrins paysagers et les trésors architecturaux faut-il que ceux-ci soient vivifiés par l’homme, qu’ils inscrivent leur destin dans un présent ou l’ardeur et l’intelligence communient. Il fallait que l’homme s’approprie cet espace magique, qu’il y entretienne une vie harmonieuse, que les murmures d’une activité y sourdent, que chatoient les splendeurs d’une humanité créative et pétillante.
Il fallait, aussi, une empreinte, une alliance sorties des joutes du Temps et de l’Éternité. Eternelle chaine de la vie, assemblage de méditation et d’effervescence qui unit une géographie à la condition humaine.

Un défi né de la recherche du temps perdu

Ainsi naquit dans l’esprit de Pierre Delmon un nouveau véritable défi qui, tout comme les Jardins de l’Imaginaire et le fabuleux aménagement de la falaise du Malpas, prolongerait l’attractivité et le rayonnement de la ville de Terrasson. Ce défi, né de la recherche du temps perdu, était de reconstituer avec une scrupuleuse minutie un ensemble d’échoppes tout droit sorti des plus belles pages de la littérature française, celles qui traduisent merveilleusement la poésie si chère aux romantiques du XIXe siècle que sont Lamartine, Rimbaud ou encore Maupassant. Siècle qui s’acheva avec la Belle époque puis la Grande Guerre et que Alain-Fournier, dans Le Grand Meaulnes dépeint avec une sensibilité aujourd’hui recherchée. C’est aussi, il faut le rappeler, un paysage qui n’a guère bougé jusque dans les années cinquante du siècle dernier. Et, comment oublier Charles Trénet chantant "Douce France" et nous invitant à une poésie de l'optimisme.
Ainsi, rue Margontier, rue de la halle, place de Guingois, place du conventionnel Bouquier, s’offrent au regard du voyageur des enseignes colorées, joyeuses, témoignages d’une époque merveilleusement reconstituée. Un cheminement qui remplit d’émotions le passant. Ici c’est un aquarelliste, là un photographe, plus loin un encadreur, un illustrateur, un verrier, un atelier de couture, un autre de poterie.
Farandole et charivari de devantures sorties d’une imagination féconde qui reconstituent un temps que l’on croyait à jamais disparu, ces échoppes bruissantes de bonheur invite à découvrir et à partager une volupté aussi intime qu’universelle. Disséminés comme autant d’appel au frisson enchanteur d’une époque qui inspira tant d’écrivains et de poètes voici que, tel un fruit mûr ou une fleur épanouie, chaque façade éveille sur une émotion renouvelée.
Là encore,  Pierre Delmon,  jamais à court d’idée,   a  voulu réveiller et entretenir les places, rues et ruelles de sa ville. Ce seront, à terme, une vingtaine d’ateliers d’artisans, d’artistes, de commerces aussi, qui donnent déjà à la Ville ancienne agrippée à la falaise du Malpas une nouvelle majestueuse et secrète sacralité. Un bon moyen de redonner vie au centre ancien, en le valorisant pour en faire un cœur de ville tout à fait atypique, représentant, après le circuit des fontaines, l’aménagement de placettes et jardins publics, un attrait supplémentaire. Rue de la Halle, « Le petit théâtre de Molière » accueille des artistes en résidence.

Une saisissante plongée dans l'histoire

C’est au cœur du centre ancien qu’ainsi la cavalcade se fait à la fois d’une pittoresque nostalgie et d’une grisante activité. En remontant la rue de la Halle, on arrive place Bouquier à l’échoppe « Au P’tit Bonheur » qui est une invitation à prolonger la douce nostalgie en bavardant avec, là aussi, des artistes. Et c’est ainsi un chapelet de rencontres, qui entretiennent le visiteur.
Il y la bucolique devanture « Chez Madame Paulin » avec sa célèbre carotte de tabac ainsi nommée car elle référence au fait qu’autrefois, le tabac était vendu en petits rouleaux, que l’on devait râper aux extrémités un peu comme des carottes. C’est Pierre Delmon qui est allé la dénicher dans une remise, dans une arrière-cour de ferme, oubliée et qui ainsi a retrouvé sa joie de vivre. Mais, laissons au visiteur les mille et une découvertes qui constituent un patrimoine tout aussi inédit qu’original. Dans la rue du Charreyrou apparaît une œuvre d’art géante, reproduction d’un véritable fragment de l’histoire de la ville : l’ancienne maison Brouillet. Cette demeure constituait, dans la rue Margontier alors animée et commerciale avant-guerre, un édifice emblématique de la cité. Ce magnifique trompe l’œil est signé Hélène Goydadin, artiste peintre en peinture murale, formée à l’école nationale supérieure de métiers et d’Arts appliqués de Paris et représente la fameuse maison avec son pigeonnier plus vraie que nature, présenté en lumière rasante du matin avec un clair-obscur jouant sur les contrastes.
C’est, tout au long de la promenade, une perpétuelle et saisissante plongée dans l’histoire pas si lointaine de cette France éternelle si chère à Ernest Renan et qui lui fit écrire La Prière sur l’Acropole. Là, comme on peut l’éprouver à parcourant Terrasson, ville à la fois si ancienne et si moderne à la fois, c’est un vif sentiment de retour en arrière, un effet comme celui d’une brise fraiche, pénétrante, venant de loin et qui nous étreint afin de nous rappeler que les civilisations ne sont pas mortelles.

Pascal Serre